Les Indians auraient dû investir en Francisco Lindor

Les petits marchés du baseball semblent avoir deux écoles de pensée. Soit ils investissent pour suivre la parade des gros marchés, soit ils liquident leurs atouts avant d’avoir à piger trop profondément dans leurs poches.

Dans une entrevue virtuelle cette semaine, le propriétaire des Indians de Cleveland, Paul Dolan, y est allé d’un discours qu’on a bien trop souvent entendu à Montréal. Même si ça brise le cœur des partisans, Francisco Lindor aurait coûté trop cher pour demeurer dans l’Ohio, aux dires du propriétaire.

Publicité

« C’est la réalité d’une équipe de petits marchés, surtout une qui veut être compétitive. Lindor est un joueur phénoménal et tu veux un joueur phénoménal dans ton équipe. Mais tu ne peux en avoir qu’un seul. Tu dois bâtir une équipe. On ne pouvait pas s’offrir un joueur comme Lindor. On ne pouvait se permettre de construire une équipe autour de lui. »

Paul Dolan

Ancienne mentalité

Bien que je comprenne le pattern, je crois qu’il se trompe. Une équipe de la MLB, c’est une entreprise financière. En finance, si tu ne prends jamais de risque, tu n’augmenteras jamais ta valeur. L’exemple le plus frappant est celui des Padres de San Diego qui était un marché similaire à celui des Indians, il n’y a pas si longtemps.

En 2020, les Padres avaient une valeur évaluée à 1,4 milliard $ selon Forbes, tandis que les Indians étaient à 1,1 milliard $. On parle ici d’une différence de 300 millions de dollars, ce qui est relativement peu.

Publicité

C’est au niveau de la masse salariale projetée qu’il y a une énorme marge. En 2021, San Diego sera à près de 160 millions $, alors qu’à Cleveland, on peine à dépasser les 40 millions $. Comment faire digérer ça à ceux qui achètent les billets?

Francisco Lindor, qui aurait bien voulu rester à Cleveland, a entamé des négociations avec les Mets en vue d’un nouveau contrat. C’est un des meilleurs joueurs d’arrêt-court de sa génération et clairement le type de joueur que tu veux comme visage de ta franchise. Les Indians et leurs partisans n’auront plus ce visage, et ce, pour plusieurs années. C’est dommage.

Image par défaut
Jean-François Rivard
Publications: 100