En ce jour, il y a 18 ans, les Expos mourraient

Publié le 3 octobre 2022

Il y a 18 ans aujourd’hui, les Expos de Montréal rendaient leur dernier souffle. Un revers de 8-1 subi aux mains des Mets de New York sur le terrain du défunt Shea Stadium marquait officiellement la fin de la formation fondée en 1969.

Des partisans en deuil

J’avais 16 ans quand les Expos sont partis vers Washington. Je n’ai pas connu les fameuses belles années du Parc Jarry, ni les exploits légendaires de Gary Carter. Il me semble avoir de vagues souvenirs d’une fois avec mon oncle Michel au baseball et constater que les partisans lançaient des barres de chocolat Oh Henry! lorsque Henry Rodriguez frappait un circuit, mais comme, je vous dis, c’est vague.

Tout ça pour dire que je n’ai connu que les Expos sur le début de la fin. Autrement dit, je suis tombé naïvement en amour avec Nos amours dans leur fin de vie, faible, souffrant et agonisant. Littéralement. Pour moi, c’était magique, pour d’autres, c’était d’une tristesse accablante. Comme quoi, dans la vie, tout est toujours relatif. Certains ont pu faire leur deuil à l’avance, d’autres non. À 16 ans à peine, tu n’es pas certain de comprendre ce que c’est réellement, la mort et surtout l’impact que ça a sur ton existence à toi. 

Si l’élection du gouvernement Lesage marque le début de la Révolution tranquille au Québec en 1960 et que le référendum de 1980 marque la fin, la grève des joueurs de 1994 marque, selon moi, le début de la fin dont le dernier acte aura été 10 ans plus tard, en ce jour d’octobre de 2004.

Maxime Trudeau

La fin de vie des Expos aura été à l’image de la vie en matière générale. À la fin, c’est rarement beau. À mon sens, c’est comme si le club avait été aux soins palliatifs pour sa dernière saison. Un dicton dit d’ailleurs que les soins palliatifs, c’est la salle d’attente de l’au-delà. Qui sait? 

Avant cette levée du rideau de 2004, déjà affaiblie par les aléas du quotidien et meurtris par les ravages du temps, c’est comme si la maladie avait frappé de plein fouet quelques saisons auparavant. Quelque part au tournant des années 2000. Une maladie incurable dont on savait collectivement que la mort imminente attendait patiemment de frapper le coup final. 

On le voyait venir, certes. J’adorais des gars comme Vlad, Vidro, Cabrera. Le guerrier (Guerrero veut dire guerrier en français) était mon athlète local favori ces années-là. Avant tout joueur du Canadien, des Alouettes ou encore Jacques Villeneuve. Cependant, à l’image du fameux livre d’Agatha Christie, Ils étaient 10, ils sont tous partis les un à la suite de l’autre.

Des irréductibles ont pu leur rendre un dernier témoignage avant que la vie ne cesse. Lors de la dernière série à domicile, il y avait beaucoup de larmes, de douleurs, mais surtout de l’impuissance face à quelque chose de plus grand que nous, dont nous ne pouvons contrôler le destin. Des partisans présents, comme mon bon ami Sébastien avec lequel je serai à Toronto cette fin de semaine pour les matchs du Wild card des Jays et non des Expos…

Un fan sur le terrain lors du dernier match des Expos à domicile. Photo : Sébastien Rousseau

D’autres, comme Frank Éthier, ont poussé l’audace de se rendre à NY pour assister au dernier retrait, alors que dans les dernières heures de vie, c’est vraiment le pire.

La mort fait partie de la vie. Il faut savoir honorer la vie. Par contre, même 18 ans plus tard, la peine peut toujours être présente. Il y a de ces plaies qui ne guérissent jamais à 100 %.

Maxime Trudeau

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