La vitalité sportive montréalaise devrait passer par un conglomérat à la MLSE

Publié le 17 octobre 2022

Je n’avais jamais goûté à un match de séries éliminatoires dans le baseball majeur jusqu’à tout récemment. En effet, pour ce faire, j’ai dû faire six heures de route tôt le samedi 8 octobre pour aller voir les Blue Jays perdre une avance de 8-1 en cinquième manche face aux Mariners.

J’aurais vraiment aimé que cette première expérience se fasse en sol montréalais, en encourageant les Expos. Bien malgré moi, ce n’est pas le cas et ça ne le sera pas pour un maudit bon bout de temps encore, si l’on se fie aux paroles du Groupe Baseball Montréal. On comprend qu’avec le projet échoué de la garde partagée, c’est pas mal la fin de ce projet. Il faut se faire à l’idée, chers amis.

Il y a toujours cette part en moi qui est un peu fâchée de tout cela. Si je veux voir du baseball, il faut que j’aille à Toronto et je dois encourager les Jays, même si je suis conscient de mon libre-arbitre. Si je veux voir du basketball de la meilleure ligue au monde, j’attends la visite des Raptors au Centre Bell. Si un jour le CF Montréal devait quitter, tout comme les Alouettes et les Canadiens, est-ce que je deviendrais de surcroît fan du TFC, des Argos et des Leafs avec le temps?

C’est quoi la recette gagnante de Toronto donc, qui manque à Montréal? Qu’est-ce qui ferait en sorte que Montréal pourrait retrouver un club de baseball un jour et que je n’aurais pas à conduire six heures pour voir mon club perdre une avance de 8-1?

L’union fait la force

Il y a ce proverbe africain qui mentionne : Seul on avance plus vite, ensemble, on avance plus loin. C’est peut-être ça, justement, qui manque à Montréal. Un genre de conglomérat à la MLSE qui permettrait d’accomplir de grandes choses collectivement, car, à mon sens, cette méga entreprise explique le succès de la ville de Toronto en matière de sport.

MLSE (Maple Leafs Sports Entertainment) est la compagnie qui détient les Maple Leafs et qui comprend aussi les Marlies, Raptors, le Toronto FC et les Argonauts. Seuls les Blue Jays ne sont pas dans le lot, mais cela permet aux plus petits clubs d’avoir le support des plus grands. Un club comme les Argos peut perdre de l’argent sans problème.

Oui, on pourrait le faire à Montréal. Pourquoi ne le ferait-on pas à Montréal, alors?

Je ne sais pas s’ils se parlent dans la vie, mais imaginez si des joueurs du milieu tels Geoff Molson, avec toute son expertise et son lustre en lien avec le Groupe CH, Joey Saputo, dont la famille est la plus riche du Québec, Mitch Garber, en partie propriétaire du Kraken de Seattle et, ajoutons à cela un homme tel Lawrence Stroll, propriétaire d’une écurie de Formule 1 avec tout le prestige qui vient avec, décidaient de s’asseoir autour d’une table avec en tête un projet sportif commun?

Ajoutons à cela un homme comme Guy Laliberté, car, pourquoi pas, j’ai le droit de rêver! Messieurs, je m’occupe personnellement de réserver une salle à l’endroit de votre choix à Montréal et je suis l’animateur de la rencontre!

Comme dans le sport, on devrait jouer en équipe et j’ai vraiment l’humilité de penser que plus de formations sportives en ville ne ferait qu’augmenter la visibilité et l’attention sur le sport en général. C’était beau, vendredi soir, quand les Alouettes jouaient à Ottawa, le CH à Washington, le Rocket tenait son match d’ouverture et le Centre Bell était occupé par les Raptors. Le sport monopolisait l’attention ce soir là et tous en ont bénéficié.

On est peut-être quelque chose comme un grand peuple

Les Québécois et les Montréalais ont le droit d’avoir des projets d’envergure dans la vie. Des sources de fierté, de ralliement et d’émerveillement. Des grands projets autres qu’un troisième lien à Québec, un REM ou des pistes cyclables à Montréal.

Les Québécois sont le peuple fondateur du pays où l’on habite. Un peuple à la culture unique, aux valeurs uniques. En ce sens, il n’est pas normal de devoir encourager les équipes d’une autre métropole canadienne. Maudit que c’est le fun quand le club de Montréal bat TFC, les Argos ou les Leafs, non?

Maxime Trudeau

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