Les Guardians sans peur et sans reproche

Publié le 23 juin 2022

Si, par la force des choses, on bouffe du Yankees, du Mets, du Red Sox et du Blue Jays à toutes les sauces presque tous les jours (popularité oblige), d’autres équipes ont sans bruit une saison tout aussi honorable et digne d’intérêt que les précédentes citées (que j’essayerais de ne plus citer d’ici la fin de cet article).

Parmi ces équipes de l’ombre, les Indians Guardians de Cleveland. Avec une jolie fiche de 36 victoires contre 28 défaites, et une belle victoire à l’arrachée encore hier soir face aux Twins de Minnesota (11-10), les Guardians se sont emparés de la première place de la division centrale dans l’Américaine.

Du beau boulot!

Un groupe jeune et homogène

Désormais à un match des Twins au classement, et à 4,5 matchs des White Sox, les Guardians vont sûrement devoir revoir leurs ambitions à la hausse. Grâce à une jolie série de 17 victoires sur leurs 21 derniers matchs joués, ils se donnent secrètement le droit de rêver. Car non, on ne leur avait pas promis grand chose aux anciens-emplumés de Cleveland.

Dans une équipe où seul José Ramirez et Shane Bieber faisaient office de superstars, des jeunes joueurs ont réussi à tirer leur épingle du jeu, pour le plus grand plaisir de Terry Francona. Jeunes oui, car la moyenne d’âge de l’équipe, que ce soit les lanceurs ou les frappeurs, n’est que de 26,5 années. C’est la plus jeune dans la MLB.

Chaque joueur vient porter sa pierre à l’édifice. Certaines équipes y vont à grands coups de circuits, mais à Cleveland, le style est un peu différent : une abnégation à toute épreuve.

Chaque joueur y va de son coup sûr opportun, chaque joueur est dans l’alignement pour une raison et une qualité bien précise. Tiens donc, ça ne vous rappellerait pas quelque chose, ça?

Quand ce n’est pas Josh Naylor qui joue les héros, c’est Oscar Gonzalez, Andres Gimenez ou Owen Miller qui trouve les failles. Si c’est n’est pas eux non plus, c’est Steven Kwan ou Amed Rosario. Sur la butte, encore une fois sans grandes émotions, les lanceurs font leur job, surtout le closer Emmanuel Clase, qui en est désormais à 17 sauvetages et 19 tentatives.

Le groupe vit bien, les joueurs travaillent les uns pour les autres dans un environnement serein.

Pas là pour faire de la figuration

Il faut toujours se méfier d’une équipe qui joue bien au baseball, qui est en en tête de division et qui ne fait pas de bruit. Jusqu’où peuvent aller les Guardians? Pas si simple à dire. Le sport en général et surtout le baseball n’est pas une science exacte. Ça n’est pas toujours la meilleure équipe qui gagne, mais bien souvent celle qui connait la meilleure série, qui est dans la meilleure forme. Je repense forcément aux Braves de la saison passée, quasiment enterrés jusqu’à la moitié du mois d’août. Ils ont réussi à accéder aux grands honneurs à grands coups de « frappes » bien placées.

Tout ne sera pas toujours tout beau tout rose pour les Guardians d’ici la fin de saison, mais cette équipe a clairement quelque chose et a envie de surprendre. Il me ferait plaisir de les voir en séries éliminatoires cet automne, mais chuuuut, la route est encore longue. En tout cas et en ce moment, cette équipe est à sa place. Je comprends mieux pourquoi José Ramirez avait le goût d’y rester!

Sébastien Tabary

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